mardi 28 mai 2019

Homélies du Père Gérard Rey

« Je vous donne ma paix » : homélie des 25 et 26 mai


Ce texte de l'Evangile de Saint Jean que nous venons d'écouter se situe avant la Pâque, au moment où Jésus prépare ses disciples à son départ en évoquant son passage de ce monde à
son Père, et en leur annonçant la  venue de l'Esprit Saint qui leur fera souvenir de tout ce qu'il leur a dit.

Et pourtant les apôtres se posaient beaucoup de ques'ons? Comment allaient-ils faire sans Jésus ? Mais, Jésus ne les abandonne pas ! L’Esprit Saint viendra réveiller en eux sa présence. Ainsi, les
apôtres vont faire pe't à pe't l'expérience de ce/e présence après Pâques en accueillant dans leur
mémoire les Paroles de Jésus, en entrant progressivement dans l'intelligence de la foi, dans la compréhension des Ecritures, grâce à l'Esprit de Jésus.

Alors, Jésus les invite à ne pas s'affoler mais à accueillir sa Paix. « C'est la Paix que je vous laisse,
c'est ma paix que je vous donne, ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne ». Accueillir la paix de Jésus, c'est accueillir la paix d'un ami qui nous donne ce qu'il a de plus précieux : sa vie, son amour. Jésus qui va se mettre à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds, qui va jusqu'à porter sa croix et ainsi dire à chacun je t'aime, je t'accompagne, je suis avec toi dans ces moments d'épreuves, dans ces moments difficiles. Nous faisons clairement l'expérience que nous ne pouvons pas nous donner cette Paix. Elle n'est pas au bout de nos efforts pour me/re la paix là où il y a la guerre, des conflits, ni même pour ne pas nous laisser emporter par les vents contraires. Elle est le signe de la présence de l'Esprit de Jésus toujours à l'oeuvre dans nos coeurs et dans le monde. Dans ce monde, il y a beaucoup de choses merveilleuses, des gestes de générosité extraordinaires. Nous le voyons chez nous par exemple, avec ces personnes, et parmi eux de nombreux chrétiens qui  rencontrent, accompagnent les migrants à la piscine de la Talaudière, pour qu’ils ne soient pas à la rue. Il y a aussi beaucoup de souffrances ; la paix est de plus en plus menacée ; de nombreux chré'ens sont persécutés à cause de leur foi en Jésus Christ ; un peu partout, nous assistons à une montée de la violence, de l’individualisme, du racisme et de l’exclusion. Mais nous ne devons pas désespérer : ce monde malade, le Christ l’aime ; il a donné sa vie pour tous. Avec lui, nous apprenons à voir les autres comme il les voit et à les aimer comme il les aime. Il nous envoie pour y être les signes vivants de son amour par nos paroles, nos actes et toute notre vie.

N'est-ce pas ce même Esprit Saint qui a poussé les apôtres à accueillir les nouveaux convertis dans les communautés chrétiennes, sans leur imposer la circoncision selon la loi de Moïse ? La foi et la charité ne suffisaient-elle pas ? Déjà le premier concile de Jérusalem, nous dit la première lecture, a du mettre les choses au point. L'Eglise n'est pas une instruction close sur elle même. Elle n'a pas à annexer les hommes en leur imposant des traditions et des structures rigides. Notre pape François ne cesse de nous le dire à sa manière: « Une Eglise fermée sur elle même finit par sentir le renfermé ». Il est essentiel dit-il aux prêtres et aux chrétiens d'investir les périphéries, à oeuvrer pour les pauvres, les malades, ceux qui restent sur le bord du chemin, ceux qui sont tristes et seul…

Quel appel pour nous aujourd'hui, dans notre monde et notre Eglise en pleine mutation ? Evangéliser
accueillir les nouveaux convertis , ceux qui s'approchent de nos communautés... c'est d'abord gratuit, ce n'est pas les faire rentrer dans nos structures ecclésiales, mais d’abord les écouter, accueillir leurs attentes, faire confiance, mettre en responsabilité, décider avec eux disions-nous ce vendredi, à l’inauguration du centre paroissial à la Talaudière qui a réuni dans l’amitié près de 200 personnes, en présence de notre évêque et plusieurs élus de nos communes… En effet, ce centre paroissial n’a pas d’autre mission que de permettre à toutes les générations, tous les groupes, services, communautés, mouvements d’Eglise de notre territoire de se rassembler et mieux se connaître, sortir de notre  clocher, pour tisser de véritables liens qui font tant défaut de nos jours et s’encourager à proposer des initiatives missionnaires.

Ce centre paroissial qui se veut ouvert à tous, croyants, incroyants, de toutes conditions n’est là que pour stimuler la mission à vivre au plus proche de la vie des gens « La paroisse qui est communion de communautés doit être proche de tous », et cette proximité est assurée en particulier par les relais, les fraternités locales missionnaires. Je remercie tous ceux et celles qui ont déjà répondu positivement et qui soutiennent les initiatives qui vont dans ce sens.

Alors, quel appel pour chacune et chacun de nous, pour notre relais ? Les lectures de ce dimanche
nous disent que l'Eglise n'est pas d'abord une administration, ni une ONG. C'est d'abord une communauté de frères et de soeurs bien différents. A travers notre manière de vivre, nous disons
quelque chose de l'amour de Dieu. En ce dimanche, le Christ est présent parmi nous puisque nous sommes réunis en son nom. C'est avec nous, avec nos pauvres moyens, qu'il veut construire des communautés plus missionnaires et plus engagées au service des autres.
En ce mois de mai tournons-nous vers Marie, elle qui était avec les apôtres qui se préparaient à accueillir l’Esprit Saint en vue de la mission. Elle est en marche avec nous aujourd’hui.

Alors Seigneur envoie ton Esprit Saint. Fais que notre humanité et nos communautés s'ouvrent à la
paix et à la joie. Amen.

Père Gérard Rey

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